Un enfant en séance, une Présence à honorer

A toi, petit porteur de notre futur. A toi qui viens me rencontrer…

Tu as 2 ans, 7 ans, 11 ans…
Tu te demandes bien pourquoi ici, il faut enlever ses chaussures, comme à la maison.

Tu passes ma porte, tu entres dans mon espace.

Tes grands yeux clairs me cherchent, me scrutent, même si tu te caches derrière un doudou, derrière tes mains, tes bras croisés ou une maman plus inquiète que toi.

C’est toi que je regarde, c’est à toi que je m’adresse, c’est toi que je vois.

Souvent surpris de cet accueil qui t’est entièrement réservé, tu me regardes et tu me vois aussi.

Re-con-naissance

Tu t’engouffres dans cet espace-temps qui t’est offert et tu te montres, tu te figes ou tu bouges, tu parles ou savoures ce silence… et déjà tu me donnes la clé, tu m’indiques la direction que nous allons prendre tous ensemble, même si Maman ne le sait pas encore.

Elle t’a amené là parce qu’  « elle ne sait plus quoi faire ».

Envoyée par un psychologue, un médecin, une amie, une institutrice, elle a tout essayé avant, je l’écoute me dire que « cet enfant a un problème vous savez » quand ce n’est pas « cet enfant est un vrai problème »…

Je l’écoute et je l’entends dans mon cœur, parce qu’il y a longtemps, j’ai été l’une d’elles.

Je l’écoute et en même temps, je te vois.

Toi, un problème ?

Des souffrances, sans doute. Mais si l’on te pose à moi tel un problème, c’est ensemble que nous trouverons la solution…

Dis-solution.

Tu peux avoir des maux de ventres qui te plient en deux, un corps qui se blesse sans cesse, des terreurs nocturnes, des difficultés d’apprentissage, des amis imaginaires, des colères irraisonnées…

Tu peux être arrivé trop tôt ou trop tard, marqué dans ta chair par un passage pénible à la condition de petit d’homme.

Elle a pris l’habitude de raconter son histoire, la tienne qu’elle fait sienne (ou peut-être est-ce l’inverse?), elle l’a répétée si souvent, elle est fatiguée, tendue, culpabilisée, épuisée, de chercher à te soulager sans y parvenir, et son amour inconditionnel de Maman en a pris un coup et ses croyances sur l’éducation et « ce qui est bon pour un enfant » commence à s’effriter.

Je l’écoute et en même temps, c’est à toi que je m’adresse.

Elle est parfois tranquillisée, sentant sans vraiment le comprendre qu’ici elle peut se déposer tout entière elle aussi et dans un certain abandon, elle te laisse prendre ta place et se surprend à te découvrir.

Elle est parfois déstabilisée, elle a l’impression de perdre le contrôle, c’est elle la Maman, c’est elle qui sait ! Et qui commence à sentir qu’elle ne sait pas, qu’elle ne sait plus…

La rencontre

Vient le moment où je te propose de t’allonger sur ma table, pour aller chercher ce qui se cache dans ton corps, avec mes doigts magiques…

Peut-être une autre lecture de ton histoire, un nouveau regard.

Le silence se fait.

Et oui. Il existe encore des lieux où le silence est là. Pas le silence qui fait peur et que l’on dissimule derrière la radio, les téléphones, les écrans…

Un silence plein. De compassion, de présence, de jeu, d’amour peut-être bien…

Il n’y a plus rien à faire, plus rien à dire, plus rien à prouver, et à la grande surprise de Maman, tu te glisses dans ce silence avec délectation.

En cet instant déjà, les étiquettes commencent à se décoller de toi : « l’hyperactif » ne bouge plus, « la peureuse » s’abandonne en confiance, « le nourrisson qui a des coliques » ne pleure plus, « l’agressif » offre un regard empli de douceur…

Je pose mes mains doucement sur ton front.

Je ferme les yeux pour mieux voir.

Ton petit corps m’ouvre la porte de l’âme… je capte les informations, des mots, des dates, des images, des chocs physiques, des blessures émotionnelles grandes ouvertes…

Jéremy, qui “se casse”

Il y a Jérémy, 8 ans, avec de grands yeux tristes et un corps aussi épais que son dossier de radiologie, envoyé par son médecin : en moins de trois ans, il s’est fracturé la cheville, le poignet, la clavicule, le coude et 4 fois la jambe, toujours du côté droit.

Cet enfant unique, d’une sensibilité extrême, est un véritable absorbeur de chocs au cœur de la mésentente du couple parental.

Son corps me livre dès la première séance à quel point il a peur de voir partir son père lors des disputes, qui menace invariablement de disparaître en disant « je me casse ».

Il lui faudra plusieurs séances pour être en mesure de verbaliser lui-même ses peurs à ses parents et un contrat personnel envers son corps pour qu’il cesse de « se casser » à la place de son père.

Jérémy n’a plus de fracture, il revient de temps en temps car le climat familial est toujours un peu tendu. Les parents ont pu entendre les souffrances de leur fils au-delà des leurs, ils ont entrepris une thérapie de couple.

Noémie, enfant médium 

Il y a Noémie, 4 ans, qui perturbe son entourage parce qu’elle voit « de grands messieurs sur la télévision de la nuit, les blancs sont gentils et la protègent, mais il y a aussi les autres, les petits filous qui lui font très peur »...
Bien sûr, il n’y a pas de téléviseur dans la chambre de cette petite fille, qui accède aux mondes invisibles et me capte comme je la capte, au plus profond de l’âme.

Noémie qui amène avec persévérance sa maman à se reconnaître dans une hypersensibilité et des dons de guérisseuse dont elle s’est coupée enfant parce qu’elle-même percevait « les petits filous » sans savoir s’en protéger.
​Chacune va élèver l’autre à sa façon.


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>> Léa, “comment vais-je faire pour m’en sortir ?”

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