Léa, “comment vais-je faire pour m’en sortir ?”

Il y a Léa, 5 ans 1/2, qui « est terrorisée à l’idée d’entrer au CP » au point de ne plus en dormir la nuit et de se refermer sur elle.

Au contact de mes mains, son corps se recroqueville en position fœtale, son énergie coule vers le désespoir et laisse entendre une petite voix désespérée « comment est-ce que je vais faire pour m’en sortir ? »

Pour elle, le stress provoqué par ce passage à la grande école est interprété par son cerveau comme une menace quasi mortelle.

Je cherche le point d’impact, les informations cellulaires me mènent à 4 mois et demi in utero…

La zone de son bassin est comme vide, le sentiment d’insécurité est absolu.

Je pose quelques questions complémentaires à sa maman, qui confirme que d’une façon générale, Léa est craintive et perd facilement ses moyens face à un obstacle ou une situation nouvelle.

Vient alors LA question :

« Est-ce qu’il se serait passé quelque chose pour vous, autour de 4 mois et demi de grossesse, quelque chose qui aurait pu vous bousculer un peu émotionnellement, qui aurait pu vous mettre en insécurité ? »

Maman me regarde, interloquée, en une fraction de seconde, je lis dans ses yeux qui s’embuent, dans son visage qui rougit, dans son corps qui aimerait fuir, que la blessure est en elle, toujours aussi vivace. Le niveau de stress maximum.

J’apprends que son compagnon n’a pas pu assumer l’idée de devenir père, et qu’il l’a quittée à ce moment de la grossesse. C’était un bébé désiré après 4 ans de vie commune, le choc émotionnel a été violent et cette petite phrase « comment est-ce que je vais faire pour m’en sortir ? » le leitmotiv de toute la grossesse et de la première année de vie du nourrisson.

Entre mes mains, Léa pousse un gros soupir, baille et se déplie, se déploie, je peux nettoyer, dénouer les peurs qui ont crispés muscles et méridiens, ré-informer son corps qu’il a toutes les ressources pour s’en sortir, confirmer qu’elle et sa maman s’en sont sorties… même si pour l’instant, elles sont encore toutes les deux un peu “coincées” en mode survie.

Il faudra une autre séance, pour évoquer et libérer les angoisses et les grands moments de solitude de sa jeune maman afin de rendre à Léa sa confiance.

Face à sa fille qui lui montre le chemin, elle comprend à quel point elle-même a besoin d’être soutenue, d’être aidée pour sortir de ce sentiment d’insécurité qui est toujours présent en arrière-plan dans son existence et prend rendez-vous pour elle.

Six séances plus tard, elle me confie qu’elle ose changer de travail, pour aller vers un poste plus satisfaisant pour elle. Elle envisage une nouvelle relation amoureuse, a repris goût à la vie.
Elle ne ressent plus le besoin de séances individuelles, mais souhaite participer aux cercles de femmes que j’anime, pour se ressourcer, poursuivre l’apprentissage de la bienveillance et de l’écoute du corps.

Léa est entrée au CP, apprend à lire avec bonheur et a retrouvé le sommeil.

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